Dans toute mémoire de voyageur, le mot Galapagos résonne comme l’allégorie d’une terre lointaine, d’une terra « incognita » perdue au milieu du Pacifique, un lieu où l’horloge du temps a bloqué sa course folle, un univers où d’étranges créatures témoignent d’un lointain passé…

Quand je rongeais mon crayon devant mon pupitre d’école, usais mes fonds de culotte sur des bancs, détestais ce que mes instituteurs et professeurs me servaient en guise de culture « épanouissante »

Quand j’oubliais les propos de mes professeurs, je feuilletais les livres de Darwin, des écrits loin du programme éducatif établi par des gens d’en haut…

J’ai décidé qu’un jour… GALAPAGOS serait ma terre d’aventure !

Mais le temps qui modifie avec affront le cours des pensées les plus secrètes, a fait que les Galapagos sont rentrés lentement dans l’oubli.

Nos bourlingues en Amérique du Sud nous ont poussé vers le pays EQUATEUR, vers les Galapagos, et mon rêve d’enfant est devenu réalité. Mais quelle réalité….

Les Galapagos sont devenus une vraie destination touristique…. Adieu terra incognita ! Le choc est rude quand on arrive dans le port de Puerto Ayora!

Et que dire des tarifs proposés…. Des tarifs aériens, des taxes obligatoires, de la vie sur les iles, des excursions, des réglementations en vigueur …

Tout est cher aux Galapagos, très cher, tout est sujet à contrôle + taxes et parfois amendes… pas cool !

On est un peu pris pour des pigeons!

Bref, nous avons décidé de visiter ces terres à moindre coût et oui, oui! c’est possible (voir l’article suivant :  GALAPAGOS PAS CHER, c’est possible! sur ce blog)

Des cieux, de notre vaisseau du ciel, nous apercevons des blocs de pierre qui luttent contre l’océan, les iles Galapagos s’égrènent dans les eaux du Pacifique, au niveau de l’Equateur (Galapagos vient du nom des gigantesques tortues en espagnol) les petites tortues se nomment de nos jours tortugas.

 

Nous avons commencé notre balade dans l’ile de Santa Cruz en suivant les panneaux indicateurs….

Bête hideuse, l’iguane ressemble à un animal de la période Jurassic, (-213 à -145 millions d’années env), il rôde, il est partout, sur les plages, au détour d’un chemin… A la première rencontre, il n’est que surprise, après quelques jours il devient presque un animal de compagnie.

L’iguane des Galapagos n’a pas peur de l’homme et vit dans son monde, l’homme n’est qu’un animal de plus, qu’un animal non prédateur, ouf, pour une fois on est clean!

Alors je regarde, étonné, ces horribles lézards « dinosauresques » et je crois être dans le film « Jurassic Parc ». Certes il n’y a pas de T-Rex ni de Vélociraptor (qui sont d’ailleurs du Crétacé! le mot a été jugé moins commercial que « Jurassic ») mais je peux vous dire que quand, en train de prendre un bain de soleil sur une plage, on se retrouve face à un iguane, l’effet de surprise est garanti !

 

Pour aller sur la plage Bahia Tortuga, nous avons randonné en touriste discipliné et suivi  consciencieusement un chemin dallé, avec l’interdiction d’en sortir, les cactus et les guides veillent … pas avec les mêmes armes !

Le chemin « autoroute » de 2,5km est tranquille et on peut admirer fleurs, cactus, lézards, oiseaux… et même des fruits « emballés » dans des filet végétaux pour se protéger des prédateurs…

La plage Bahia Tortuga est belle avec son sable blanc, la baignade est possible mais dangereuse, elle est surtout un spot de surfeurs… Et oui, ici les iguanes sont bon public.

Au fait, ces iguanes comme beaucoup d’animaux de ces iles, ont peuplé ces terres en venant peut-être sur des radeaux de fortunes, des bois flottants. Ils ont parcouru les 1000 km environ qui séparent les iles Galapagos des terres de l’Amérique du Sud. A quelle époque ? mystère ! et s’il y a très très longtemps (les iles Galapagos ont 4 millions d’années) avec la dérive des continents, il est possible que ces iles aient été plus proches du continent (et les iguanes sont de bon nageurs)

Et sur ces terres oubliées, les animaux débarqués se sont transformés pour s’adapter à un autre monde (ou ont disparu si l’adaptation était impossible). La théorie de l’évolution chère à Darwin est ici un cas d’école et Darwin l’avait déjà bien perçu.  Agé de 25 ans, pendant les 5 semaines de son voyage aux Galapagos il a « compris » le message de l’évolution du monde… de notre monde (il a comptabilisé 13 espèces de « pinsons de Darwin « , différences découlant de l’environnement)

« Il est presque certain que les 13 espèces réparties sur les iles Galapagos descendent probablement d’un unique couple de pinsons arrivé du continent sud-américain il y a 2 ou 3 millions d’années. En 2006 une étude de l’Université de « Princeton » a montré que l’évolution pouvait être rapide : elle exposait le cas d’un pinson de l’ile de San Salvador débarqué en 1982 sur l’ile de Daphné. Concurrencé par ce nouvel arrivant plus gros et plus fort, le pinson local s’est trouvé contraint de s’adapter à un type différent de graines, plus petites, (les grosses étaient dévorées par les gros pinsons… la raison du plus fort…), et a vu son bec rapetisser en quelques années. »

Donc cher voyageur lecteur, ici la théorie des « créationnistes » est bien mise à mal ! et ceci à ma plus grande joie !

 

 

 

 

 

Ici, les tortues géantes du Rancho Primicias de l’ile de Santa Cruz, ne se nomment pas « Ninja » mais « gigantes tortugas » ! Et, c’est vrai, elles sont vraiment grosses. Pour se reproduire, vu leur taille, les mâles ont dû s’adapter : pour grimper sur leurs belles, ils ont vu s’allonger leurs pattes en même temps que les femelles changeaient de tailles… Que va-t-il devenir de nous, les petits hommes, si nos tendres et douces épouses grandissent comme un jour sans pain ! il est vrai que les grandes jambes de nos belles font grandir le plaisir… pas simple cette histoire et je vous laisse le soin d’élucubrer sur cette réflexion…

« Georges », une tortue solitaire, est décédé à 130 ans env. sans laisser de descendance, Georges était le dernier spécimen d’une autre espèce de tortues des Galapagos qui vient de s’éteindre. Mais on parle déjà de « clone » pour retrouver l’espèce disparue… (la photo qui suit, ce n’est pas Georges! qui n’est plus de ce monde, mais peut être Alphonse ou ?!)

Au cours des siècles les tortues des Galapagos ont été chassées et dévorées par les matelots affamés, vendues pour leur chair, pour leurs écailles et elles ont failli disparaitre des Galapagos

 

 

En conséquence, on s’occupe fiévreusement de la survie des espèces de tortues géantes et sur les iles de Santa Cruz, de Isabela, poussent des centres de conservation des tortues où l’on découvre des tortues aux carapaces bombées ou aplaties ou d’autres avec des critères que je laisse aux jugements des spécialistes…

 

Les oiseaux, dans leurs écrins de plumes, se fondent dans le paysage, eux aussi sont venus de bien loin, par la voie des airs, et ils ont transporté dans leurs fientes, dans leurs plumages, entre leurs pattes, les graines des plantes de leurs environnements passés, la nature est merveilleuse d’intelligence !

Voyageur au long cours, je suis un fervent admirateur de notre environnement et je vous demande simplement à vous, lecteurs, à vous mes amis, d’œuvrer à la conservation de notre environnement, sans esprit politique ou dogmatique, mais simplement parce que de la nature découle notre vie… et si jamais le monde change, les espèces de plantes, d’animaux, d’insectes (et même d’hommes) qui semblent inutiles ce jour, seront peut-être « l’espèce » qui survivra demain ou qui permettra la vie future… En conclusion, je pense qu’ il ne faut pas détruire ce qui nous semble ce jour inutile…. Et demain, nos enfants seront en admiration devant leurs aïeux qui auront su préserver la nature ! J’aime beaucoup le travail des hommes des forêts qui plantent des arbres en sachant qu’ils le font pour les générations futures…

Proverbe africain : « si l’arbre savait qu’avec son bois, on fait le manche de la hache, il refuserait de pousser ! »

A méditer !

Photos prises au cours de notre balade sur les sentiers (balisés!) de l’Ile Isabela.

La plage de la petite ville de Puerto Villamil, la « capitale » d’Isabela…….. la seule capitale que je connaisse où les otaries squattent les bancs publiques

Sur des rochers de l’ile Isabela, en bord de mer…

 

… des mini pingouins font le guet, fiers, avec leur 30 cm de haut, d’être les plus petits pingouins du monde.

Les célèbres oiseaux « les fous aux pattes bleues » trônent majestueusement avec leurs chaussures dignes d’une sortie en discothèque. Pourquoi bleu ? à cause, ou grâce, à la nourriture présente sur les iles, et tristement, les pattes de ces chers volatiles redeviennent noires une demi-heure après le décès des oiseaux.

 

Et les crabes, dans leur ronde folle, animent ces plages rocheuses balayées par les vagues. Les crabes, à l’inverse de nos coutumes, commencent leur vie en noir pour la finir en rouge vermillon

 

Aux Galapagos, la vie sous-marine est aussi un grand livre ouvert… coraux, raies Manta, poissons multicolores, requins, tortues de mer, se découvrent simplement en faisant de la plongée avec tuba, masques et palmes… merveilleux !

 

Le dortoir aux requins! silence il dort!… et on le regarde du bord de l’océan, sans toucher l’eau!…

… Sans oublier que sur sur Isabela, même, ou grâce  à leur laideur, comme sur toutes les iles des Galapagos, les iguanes sont aussi de la fête

 

J’ai été, comme Claude et Elisabeth, agréablement surpris de vivre quelques jours avec des animaux « sauvages ». Certes ils ne sont pas des prédateurs de l’homme comme le sont certains grands carnivores! Ils déambulent autour de nous, squattent les bancs publiques, regardent les filles en bikini sur les plages (et ceci sans autres mauvaises pensées !)…

 

Nous avons été charmés par le coté nature, presque vierge de ces deux iles que nous avons sillonnées (SANTA CRUZ et ISABELA)…

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..mais très déçus par la présence de touristes non respectueux de tout, déçus par la ville poubelle de Puerto Villamil (ile Isabela)

Et déçus par la mise en scène sur le marché aux poissons de Puerto Ayora (ile Santa Cruz) : les « pêcheurs » locaux découpent des morceaux de poisson pour attirer les pélicans…

Ici j’ai vu les vrais touristes à l’œuvre, qui, avec leurs téléphones, font tout sauf téléphoner ! ces reporters d’un jour ont essayé de faire la photo du siècle ou le selfie ravageur devant des marins ironiques ! J’ai eu honte pour mes confrères touristes, pour moi !

 

 

 

Mais les Galapagos restent encore un grand livre ouvert sur la nature, sur un monde d’autrefois … espérons que cette belle nature sera pour longtemps préservée et cajolée…

Photos de Georges, Claude, Elisabeth

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Texte de Georges

Les écrits de Georges ont été corrigés par la plume (de pélican ?) de Claude

« La minerve que je porte avec « galanterie », ce n’est pas pour faire bien sur la photo, ce n’est pas non plus parce que je me prends pour un conquistador avec sa fraise, c’est parce que mes cervicales manifestent leur mécontentement, les km à pied, à vélo, à cheval, à moto, en 4×4, en camion… me rappellent que je n’ai plus vingt ans, mais tant que mes rêves me portent, je parcourrai le monde comme un enfant curieux… alors merci minerve! »

 

PS : une vidéo sera prochainement mise en ligne quand les liaisons internet ne seront plus aussi ténues qu’ici, à Cuenca (Equateur), et que je trouverai les trucs techniques avec l’aide de nos deux fils Marc et Pierre, pour mettre en forme tous mes documents filmés dans les eaux claires du Pacifique des Galapagos.

 

Merci Sebastian, notre guide de snorkling qui nous a fait découvrir le monde sous-marin et le milieu « nature » de l’ile d’Isabela,

 

 

 

Sans oublier Charles DARWIN et ses aventures et études au cours de son voyage du Beagle, voyage qui a duré 5 ans (du 27 décembre 1831 au 2 octobre 1836) sous le commandement du capitaine Robert FitzRoy,

 

 

 

Charles Darwin (1809 – 1882) est resté 18 mois en mer sur le Beagle et suite à ce périple maritime il a déclaré qu’il ne remettrait jamais les pieds sur un bateau tellement il a été malade !

Durant ce voyage, en passant par les Galapagos (du 15 septembre au 20 octobre 1835) et en découvrant bien d’autres contrées lointaines, par ses observations tant biologiques, que géologiques ou d’anthropologie, il a commencé à développer sa théorie de l’évolution par la sélection naturelle, puis il a passé le reste de sa vie dans un laboratoire en tant que scientifique, à « peaufiner » sa théorie.

Un autre homme, Alfred Kessel Wallace (1823 – 1913), qui était un grand aventurier scientifique, curieux de tout, et sur le terrain un grand collecteur d’insectes, a eu la même pensée que Darwin, surtout quand il a découvert qu’il y avait une ligne de démarcation entre les terres australes et les terres eurasiennes. Cette ligne coupe le monde dans la région de l’Indonésie (je l’ai très bien vue, « cette rayure », entre l’est et l’ouest, sur la terre de l’ile de Flores en Indonésie) en quelques km les conditions climatiques, géologiques se transforment et la faune et flore font de même.

Les deux hommes se sont rencontrés, estimés, et admirés. Au cours de ses études, Darwin reçu le manuscrit des constatations de Wallace, manuscrit qu’il adressa à Lyell accompagné d’une lettre dans laquelle il a écrit « il n’aurait pas pu faire de meilleur résumé ! »

Quand Darwin a présenté son travail sur la théorie de l’Evolution il a nommé son manuscrit :La théorie de l’évolution de Charles DARWIN et Alfred Kessel WALLACE 

OUI, Darwin me fascine par sa curiosité et son esprit d’analyse et de synthèse, et par ses valeurs humaines, par ses conclusions qui enrichissent le savoir universel.

Merci Darwin

Georges, Claude et Elisabeth Schaller –  decembre 2017 –

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