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… au loin, VITORIA est noyé dans les brumes matinales, un trait de terre surligne une masse d’eau d’un bleu gris. La terre promise est encore si ténue, mais c’est notre univers de vie, où nous nous aimons, construisons, mourrons. Au loin, l’Amérique ma nouvelle terre d’aventure. Mon cœur bat si fort !

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Je remercie encore et toujours mon ancien chef de service de l’entreprise SNR, M  « R ». J’étais son interrogation. En ingénieur de grande école, il cherchait… et moi, en technicien… je trouvais l’idée, le truc technique pour régler une hypothèse ou un problème quelconque qui obscurcit la vie d’une machine. Sans état d’âme, il signait « R » au bas du projet, du compte rendu et je disparaissais dans l’ombre des oubliés. Je le détestais autant que lui m’utilisait… Mais aujourd’hui, au pied d’un rêve américain, je le remercie, il m’a fait fuir cette vie de technicien dans un bureau d’étude. Lui n’était pas un Tintin, c’était juste un ambitieux. Il n’est plus de ce monde, il vogue dans la mer des tranquillités, moi je vogue vers mes rêves éveillés.

Je remercie tous mes collègues de travail de cette entreprise, qui vivaient avec moi ces poussières d’étoiles. Mes folies, mes idées de voyage, ma vie de pilote de course de moto, mes femmes, amusaient leurs vies et puisque c’était possible pour moi, c’était peut être possible pour eux. Oui j’étais leur « fou ».

Merci mes amis, une parcelle de cette terre américaine est la vôtre, c’est sûr !

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Le cargo, comme un gros « pataud » attentif, se faufile dans le chenal vers le port de Vitoria. Des rochers inquiétants nous font une haie d’honneur, on touche, on coule ! … Voir l’histoire d’un paquebot de croisière qui a frôlé les côtes italiennes ! Les deux pilotes du port, du poste de pilotage bâbord et tribord, secondent le capitaine.

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Des remorqueurs petits et surpuissants, accolés comme des mouches à la coque, poussent et tirent notre mastodonte qui a l’air si maladroit. Et on se glisse lentement dans un autre monde. Ici la nature est exubérante, verte, chaude, humide et chaleureuse. Sur les pentes des collines des cabanes multicolores s’accrochent avec équilibre. Les favelas avec leurs couleurs explosent de vie, d’exubérance comme les habitants qui veulent vivre jusqu’à plus soif leurs rêves américains. Au loin les tours de la ville dominent.

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Il fait chaud, les senteurs des fleurs sont enivrantes, j’oublie presque les odeurs du mazout de notre cargo polluant. Le dégueulasse est out !

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Tous les passagers sont calmes, émus, assagis devant une telle beauté qui sort des nuées dès que le soleil bouscule les nuages. Dieu que la terre est belle !

On accoste, et vlan, tout est à refaire, on se retrouve avec cette activité débordante des ports, certes ici, on vit en couleur avec un air de samba dans la tête, mais comme dans une ruche, les hommes s’activent fébrilement. Du haut de notre perchoir on regarde en curieux mais surtout on attend le sésame pour pouvoir mettre le pied à terre. Le plancher des vaches est à nos pieds.

Enfin, on quitte notre maison de fer. Avec Maryse et son mari Jean-Marie, avec Michel, on se glisse dans un taxi, dans le flux d’une marée humaine. Sous les conseils « éclairés » de ceux qui savent, de ce couple de passagers qui est venu huit fois en Amérique du sud avec la compagnie Grimaldi, on se retrouve tristement et à notre grande déception dans un centre commercial de luxe. Drôle de conseil ! Les Nike et Vuitton s’étalent outrageusement. Quelques nantis, le menton levé, toisent le monde de ceux qui souffrent. Peuple du Brésil, réveille-toi ! Des femmes pulpeuses, belles comme des « top models » métissées réveillent mes sens endormis par 20 jours de solitude en mer. Dans des petits trop petits, des femmes encore plus pulpeuses déambulent entre les boutiques luxueuses, sans aucun complexe. Ici, la silhouette des femmes squelettiques ne fait pas encore rêver et les formes généreuses sont reines. Une de mes premières impressions : Le Brésil transpire d’une force sensuelle et sexuelle. J’ai du mal à me concentrer sur l’écran de mon ordinateur, à lire les mails que je consulte avec la Wifi gratuite du centre commercial. Les nouvelles de Claude, de mes proches me font oublier les fantasmes des matelots qui arrivent au port.

La vie terrestre reprend ses droits avec un étrange combat. Les distributeurs de monnaie, les DAB refusent de comprendre que l’on veut du cash brésilien. A vrai dire, c’est plutôt nous qui ne comprenons rien au fonctionnement de ces machines américano-brésiliennes! Les procédures habituelles terminées, la machine se met en sommeil et en homme pressé et vexé, j’ai fui ce robot récalcitrant. Erreur Georges ! Il faut attendre! et dans le bruit d’un mécanisme des caisses enregistreuses de ma jeunesse, la machine vomit ses billets que notre chauffeur, en homme initié, récupère prestement et à ma grande surprise, il me les remet avec un sourire un peu moqueur. Merci chauffeur !

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Quelques heures sur terre, l’atterrissage a été doux, le Grande Amburgo attend et dans la nuit, la sirène mugit, adieu Vitoria._DSC3154 reduc1500

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