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…Le second officier nous fait visiter le poste de commandement du Grande Amburgo. Les cartes, crayons règles et gommes côtoient les écrans des radars, les téléscripteurs, les radios. Passionnant. J’aime les écrans noirs où le rayon vert du radar voit plus loin que notre vue. On découvre notre futur proche, là où l’on sera demain, j’ai l’impression de remonter le temps. Ma grande découverte, les marins doivent toujours savoir utiliser les cartes, sextants, boussoles, téléphones radio qui ne sont alimentés qu’avec une magnéto manuelle… si jamais l’électricité, l’électronique venaient à se faire porter pâles. Les navigateurs ont leurs histoires et légendes et savent que la mer peut être une amie douce ou un ennemi violent et tueur… et il y a les sirènes…

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Le 14, descente dans les entrailles du Grande Amburgo, étage 3 : la salle des machines. Bruit étourdissant qui rend sourd et muet, 41°C, la chaleur est suffocante. Les 8 cylindres en ligne comme à la parade, font tourner le colossal vilebrequin à 105 tr/mn, et ils catapultent les 22 000 chevaux vers une hélice de 12m de diamètre. L’hélice est équipée de pales à pas variables, comme les avions… Pour une vidange d’huile moteur, il faut verser dans le moteur près de 20 000 litres d’huile et ce gros gourmand consomme quotidiennement : 65 000 à 70 000 litres de fuel lourd. Un piston, de 85 cm de diamètre, trône en ordre de marche au milieu de la salle des machines, couronné d’un anneau de levage, et prêt pour une rapide succession. Le piston est mort, vive le piston !

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Le personnel du Grande Amburgo est à notre écoute, ces techniciens sont fiers de leur bateau, de leurs missions. Sommes-nous au 21 siècle ? Ici le capitaine règne en souverain sur ses sujets, des cales aux postes de commandement, sur des hommes qui aiment leur travail…  et qui se plaignent toujours ! Un matin Nicolas, notre cuisinier m’a dit avec gravité : quand un marin ne se plaint plus, c’est qu’il est au fond de la mer !

Comme sur tous les bateaux, les marins italiens de la Compagnie Grimaldi sont lentement remplacés par une main d’œuvre moins exigeante. Crise oblige ! L’horizon de ces hommes du tiers monde est en fond de cales, ils sont attachés aux petites ou éprouvantes tâches, ici sur notre cargo, ces marins sont philippins, que nous passagers nantis et isolés, ne rencontrons pratiquement jamais. Dommage !


Le Grande Amburgo glisse tranquillement sur les flots, son immense carrure assagit les assauts des vagues. Le mal de mer ne brouille pas souvent notre quotidien et ne culbute pas souvent nos estomacs. Amérique, j’arrive heureux et en forme!

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Georges, le 24 octobre 2014, devant le port de Montevidéo

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