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Les journées se suivent simplement. 7h30 petit déjeuner, 11h repas, 18h diner. Si vous n’aimez pas les pâtes, si vous souhaitez avoir un service « touriste de croisière » un conseil, restez chez vous, la Grimaldi offre un service minimum mais à un prix plus que raisonnable, et cette compagnie est parmi les dernières à proposer le transport de votre véhicule sur un cargo qui accepte les passagers.

Un peu de gym dans la salle de sport, quelques parties de baby-foot. On est bien loin des folles journées de croisières. On scrute l’Océan en espérant apercevoir une baleine, on médite devant le fil de l’horizon, on flâne. Le moteur ronronne gravement, les cheminées crachent des volutes de fumées noires et le cargo glisse sans contrainte à 30km/h. La vie est quiétude. Je travaille l’anglais, aprend l’espagnol, bouquine et déguste le livre « sur les épaule de Darwin » de Jean-Claude Ameisen (je vous recommande la lecture des trois tomes, vous serez projetés dans un voyage à travers l’espace et le temps), prépare l’itinéraire de nos voyages en Amérique, fige quelques images fugitives, rature, écris.

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Quelques rencontres avec Michel, un patron retraité, une gueule de père Noel, qui se dévoue dans son association pour aider la jeunesse africaine, Jean Marie et son épouse Maryse qui ont vendu leur maison bien décidés à vivre leur retraite dans un camion 4×4, un vestige du passé, Annette, une allemande multi-langues et multiculture qui est vive comme l’éclair et son mari Hard Munc passionné d’astronomie… Ces personnages, ces « Tintins » en Amérique qui ont décidé de vivre autrement enrichissent nos propos, quelques connards l’appauvrissent, ouf ! dans notre microcosme l’équilibre est respecté !

Georges, Michel, Jean Marie et Maryse DSCN8861

Je pense à mes proches, Claude et nos deux garçons, à ma maman qui approche l’au-delà, je pense aussi à la prochaine cavale cycliste de Paul et je suis un peu inquiet, 80 ans et 3000 km à parcourir à vélo sur les terres de la Patagonie et des Andes, soucis d’un bourlingueur pour son ami cycliste grand voyageur.


 

Ici, sur notre cargo de la marine marchande, le passager n’existe pas, il n’est rien, le capitaine nous ignore, ne nous informe pas, pas plus qu’il n’informe son personnel ou ses conteneurs… Une nouvelle épreuve d’humilité.

Cette parenthèse de vie si loin de mes quotidiens, de mes angoisses, de mes prises de responsabilités, de mes rencontres, m’effraie un peu, j’ai parfois l’impression de gaspiller mon temps mais je me découvre différent dans ce voyage éthéré. Une nouvelle expérience. Oui, tout vrai voyage ouvre le chemin de l’approche de soi, il est révélateur et fait grandir.

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